Fil d'Ariane
- Accueil
- Je m'informe
- Nos actualités
- Canicule : la punition collective du réchauffement climatique
Canicule : la punition collective du réchauffement climatique
Après une première vague de chaleur aussi exceptionnelle que précoce en mai, notre département subit, comme une bonne partie de la France et de l’Europe, une seconde canicule dont les météorologistes ont du mal à voir la fin. Ce n’est pas un accident mais la manifestation évidente du changement de climat due à l’accumulation dans l’atmosphère des gaz à effet de serre produits par la combustion des énergies fossiles, charbon, gaz, pétrole.
Notre association et bien d’autres, à l’écoute des scientifiques du GIEC, dénoncent depuis longtemps la trajectoire actuelle des modes de production industriels et agricoles basés sur la surexploitation des énergies fossiles à l’origine de ce changement du climat.
Non seulement on ne nous a pas écoutés, mais on nous a reproché d’être porteurs d’une « écologie punitive ». Ce n’est pas l’écologie qui nous punit mais la réalité du climat lui-même qui inflige une punition collective.
Des humains, de la nature et des terres agricoles en souffrance
Quand les températures dépassent 35°C, voire 40°C pendant plusieurs jours consécutifs, personne n’est épargné.
- Les personnes âgées, les plus précaires qui vivent dans des logements mal isolés, les plus jeunes dans des écoles inadaptées, et tous ceux qui travaillent en plein air sans protection dans des atmosphères surchauffées sont les premières victimes.
- La nature aussi est en souffrance. En tant que naturalistes, nous constatons chaque jour dans notre département. Les rivières, mares et plans d’eau qui s’assèchent et où les animaux ont de plus en plus de mal à s’abreuver, le risque accru de développement de cyanobactéries toxiques. Les oiseaux dont la reproduction échoue en raison des fortes chaleurs qui déshydratent les jeunes, ou pour ceux qui nichent au sol comme les busards menacés par les récoltes très précoces. La végétation et les arbres qui se flétrissent, dépérissent et meurent déshydratés.
- C’est aussi l’agriculture dont les récoltes de céréales et foin sont réduites et les prairies grillées précocement, faisant craindre un été catastrophique.
Des réponses publiques insuffisantes
Face à cette souffrance généralisée qui va assurément s’amplifier d’année en année, la réponse des politiques publiques n’est pas à la hauteur.
Au mieux et dans l’urgence, il est question d’adaptation, mais cette adaptation sera sans fin. Aujourd’hui il faut s’adapter à 40°C mais demain ce sera à 45°C et dans quelques années encore à 50°C ! Sans parler de ce qu’on appelle la maladaptation, c’est-à-dire la mise en œuvre de solutions qui soulagent à court terme mais aggravent le problème à long terme.
Par exemple :
- La climatisation généralisée qui rafraîchit l’intérieur mais réchauffe l’extérieur et consomme encore plus d’énergie ;
- Le stockage de l’eau à ciel ouvert dans des « bassines » qui exposent les nappes phréatiques à l’évaporation et ne profitent qu’à quelques-uns.
Ce que nous demandons
Il est urgent de s’attaquer aux causes, pas seulement aux symptômes, si nous voulons que notre terre reste habitable pour les générations futures. Nous appelons les pouvoirs publics, à toutes les échelles, et notamment locale, à :
- Engager une véritable transition vers la sobriété énergétique dans les modes de production industriels et agricoles ;
- Abandonner les projets énergivores et climaticides incompatibles avec les objectifs climatiques ;
- Soutenir les alternatives durables : végétalisation des espaces urbains, agriculture à faibles intrants, économies d’énergie dans les bâtiments.
Chaque année perdue a un prix que nous payons déjà.