Agriculture : pour une réforme environnementale de la Politique Agricole Commune.

Instaurée en 1962 suite au traité de Rome, la Politique Agricole Commune, ou P.A.C., a permis d’assurer l’autosuffisance alimentaire des pays de l’Europe de l’ouest, sorties exsangues de la seconde guerre mondiale, en modifiant en profondeur et réorientant les modes de productions agricoles et les échanges mondiaux de denrées alimentaires.

Ce système fût très louable au départ car essentiel pour nourrir la population européenne. Hélas, en l’absence d’un contrôle pertinent des orientations politiques et économiques, il s’est rapidement perverti et transformé en productivisme.

Cette intensification à outrance de nombreuses productions a ainsi généré :

  • d’importantes surproductions, très coûteuses pour le contribuable européen,
  • des pollutions de l’eau, des sols, de l’air, des mers, des aliments par les nitrates, les pesticides, les métaux lourds, le lisier, les aérosols, les antibiotiques dans certains cas,
  • une érosion dramatique de la biodiversité en raison de la standardisation des pratiques culturales et de la «régionalisation» des productions (porcs et poulets de batterie en Bretagne, maïs dans le sud-ouest, céréales en Beauce et Champagne berrichonne, arboriculture en vallée du Rhône, etc.),
  • une banalisation des paysages par l’arrachage des haies, l’agrandissement des parcelles, la rectification des cours d’eau (la France, première destination touristique mondiale, se targue de ses terroirs mais il sont aujourd’hui un peu partout mal en point),
  • des tensions sur la quantité de la ressource en eau en raison d’une irrigation souvent très mal gérée,
  • une érosion des sols et une perte de fertilité, capital pourtant essentiel pour la culture,
  • des conséquences désastreuses sur l’emploi et l’installation d’actifs agricoles.

Le constat s’impose : le système actuel de la P.A.C. est désormais économiquement et écologiquement indéfendable !

De même, il est anormal que contribuables et consommateurs aient à assumer seuls les conséquences financières de ces dérives largement orchestrées par de grands groupes bancaires, agroalimentaires et des lobbies agricoles.
Il est donc impératif que la P.A.C. s’oriente au plus tôt vers la promotion d’une agriculture durable qui permette à large échelle une cohabitation harmonieuse des productions de denrées alimentaires sûres et de qualité avec la préservation de l’environnement et des biodiversités sauvage et domestique, le respect du bien-être animal et la diversité des paysages.

Quand les clignotants sont tous au rouge comme c’est le cas depuis de nombreuses années, une société démocratique doit être capable de trouver de nouvelles orientations de gestion de l’agriculture au bénéfice du plus grand nombre et de l’environnement.

Indre Nature s’efforce de relayer ce message auprès des instances administratives agricoles locales.

Jean Eldin (d’après des éléments d’André Pochon, association VivArmor Nature).