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La vache folle : la faillite mais pas d'affolement ! L'accélération et l'ampleur de la crise de la vache folle démontrent une fois encore la complète faillite de l'élevage industriel intensif. On a cru pouvoir mélanger deux domaines différents : l'agriculture et l'industrie. La première traite du vivant et la seconde de la matière inerte. Il y a donc entre les deux une barrière qui a été franchie. On en est ainsi arrivé à réduire les animaux à l'état de simples machines construites pour transformer la nourriture en viande dans le minimum de temps et aux moindres frais. A partir de là, tout ce qui a pu générer les gains de productivité a été mis en oeuvre : l'enfermement à vie des animaux dans des univers concentrationnaires, la conversion de bovins herbivores en carnivores, l'utilisation des antibiotiques comme activateurs de croissance, le logement des veaux et des truies dans des cages, l'entassement des poules à 24 au m², la fabrication de farines animales avec l'incorporation de résidus de toutes sortes, les pesticides tueurs d'abeilles, la disparition de millions d'hectares de prairies et de milieux humides, etc. etc. Pour, soi disant, produire bon marché, on a atteint des coûts réels très élevés car il faut tenir compte de ce que le contribuable doit payer : la surproduction des volailles, la chute des cours du porc, l'abattage des troupeaux de bovins potentiellement malades, la mise aux normes des bâtiments d'élevage, la dépollution des eaux nitratées et aujourd'hui l'élimination des farines animales estimée à cinq milliards de francs. L'environnement aura, lui aussi, payé un lourd tribut à cette industrialisation intempestive. Il n'est que de voir l'état de la Bretagne ! Heureusement dans l'Indre la vague des projets semble actuellement stoppée du fait des oppositions manifestées et des recours au tribunal administratif. Me Charles, avocat des poulaillers de Nohant Vic et Rouvres-les-Bois, en a conscience quand il écrit dans une chronique de Novembre :"Il est nécessaire aujourd'hui d'évoluer pour penser différemment." Il ne s'agit pas, pour autant, d'accabler les agriculteurs qui ont, le plus souvent, été poussés par la chimie et l'agro-alimentaire, dans un système dont ils n'ont pas mesuré les conséquences désastreuses qui finissent par les rattraper. Les voilà aujourd'hui gravement touchés par la psychose de la vache folle qui les atteint tous, quels que soient leurs modes d'élevage. Leur désarroi est facile à comprendre. Faut-il céder à cette psychose éliminant le boeuf des assiettes ? Certainement pas. En effet les contrôles vétérinaires sont sévères et par ailleurs le fameux prion n'a jamais été trouvé dans du muscle, comme par exemple le bifteck. Et les municipalités qui interdisent la viande bovine dans les cantines donnent un bien mauvais exemple et alimentent la panique avec une décision d'affolement qui est inutile car, à l'évidence, elle ne sera pas maintenue pendant les nombreuses années de possible contamination des animaux. Il ne s'agit pas de revenir à une agriculture ancestrale. L'évolution est inévitable en toutes choses. L'essentiel est d'assurer un équilibre entre d'une part le progrès dont les éleveurs doivent bénéficier et d'autre part le respect de la nature, c'est-à-dire l'homme, l'animal et l'environnement. Christian Germinet - le 25 novembre 2000
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