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Agriculture : concilier agriculture et biodiversité. Etat des lieux Mosaïque 36 - Eté 2003 Au sein de certains pays européens, Pays-Bas en tête, la flore et la faune sauvages sont quasiment réduites à ne plus exister que dans les réserves naturelles. La campagne et l’espace agricole sont vidés de leur biodiversité, sacrifiée à 99% par une intensification des pratiques agricoles sans limite. En France, en revanche, certaines parties de l’espace agricole hébergent encore une richesse considérable. C’est souvent un espace rural beau et vivant, surprenant pour les visiteurs étrangers, à la recherche de ce qu’ils ont perdu dans leur propre pays. La surface en réserves naturelles en France étant faible, on peut dire que sa biodiversité se trouve en grande partie entre les mains des agriculteurs. Pourtant, cette flore et cette faune ne sont pas en sécurité. Les conditions économiques et la rationalisation poussent les agriculteurs vers un productivisme qui laisse toujours moins de marges à la nature. Même en Brenne, territoire pourtant relativement bien préservé jusqu’alors (grâce à la mauvaise qualité agronomique de ses sols !), on constate une diminution continue de la qualité de sa flore et de sa faune. Les prairies fleuries, avec leurs cortèges d’orchidées et de papillons, sont devenues rares, parce qu’obsolètes pour les modèles agricoles actuels. Elles ont presque toutes été transformées en prairies artificielles. Et avec quelles perspectives ? De nombreux agriculteurs de Brenne, malgré leurs efforts pour s’adapter et survivre, se montrent pessimistes en ce qui concerne l’avenir de leur exploitation et de leur métier. Pourtant, tout le monde est d’accord : pas de Brenne vivante sans ses agriculteurs et pas de vraie Brenne sans les richesses de sa nature. Par ailleurs, grâce à l’essor du tourisme, cette nature devient également un atout économique. Il s’agit donc de créer un lien entre les deux. C’est l’un des objectifs qui a présidé à la création du Parc naturel régional de la Brenne. En toute logique, cette structure de coopération intercommunale contribue à offrir un cadre économique permettant aux agriculteurs de pérenniser leur activité tout en incorporant la gestion de la nature sauvage. Un modèle qui vise, dans l’intérêt de tous, à valoriser cette nature au lieu d’assister à sa banalisation. Malheureusement, malgré les efforts déployés, nous sommes encore loin d’un résultat satisfaisant et durable. Mais bien entendu, il ne suffit pas de rêver ou de critiquer sans agir. Il faut porter un projet qui, par sa viabilité technique, économique et écologique, permettra de vaincre le scepticisme.
Camille Van Beusekom
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