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Eau : analyse d'une pollution : le petit ruisseau de "La Ringoire".
A la demande d’Indre Nature et muni des observations sur la pollution de la Ringoire (ruisseau affluent de l’Indre au niveau du chemin des Marais à Déols), fournies par MM. Dijoux et Chaput, je me suis rendu sur les lieux le 23 janvier 2003 accompagné de M. Dijoux, représentant de l’association des Riverains de la Ringoire.
Empruntant un chemin d’exploitation agricole, nous sommes allés sur les lieux précis de la source visible de pollution comme indiqué sur l’extrait de la carte IGN n°2125 - Châteauroux Est (échelle 1/25.000e) en direction du point coté alt.144m.
Arrivés à la hauteur du pont de l’A20 enjambant un petit affluent du ruisseau de la Ringoire, nous avons observé un déversement important d’eaux usées d’un débit de l’ordre de 15 l/s soit environ 57 m3/h. Ce déversement s’opère par le biais d’un tuyau PVC de 20 cm de diamètre muni d’une vanne dont l’accès parfaitement visible au sol se situe entre l’exutoire et une bouche d’égoût, l’ensemble étant situé dans un intervalle de quelques mètres.
Il s’agit donc à l’évidence d’un déversement organisé et régulé par le service de gestion des eaux usées de la C.A.C. de Châteauroux-Déols. On peut d’ailleurs s’en convaincre, selon les observations des riverains, par les visites des techniciens du service des eaux qui, en fonction de critères qui leurs appartiennent, modulent l’importance du déversement direct dans la Ringoire.
Le jour de l’observation (23.01.03), le rapport des débits observés était sensiblement le suivant :
- débit de l’affluent de la Ringoire au niveau du pont de l’A2O : 60 l/s
- débit d’apport d’eaux usées : 15 l/s, soit un rapport de 1/4. (A noter le caractère assez fluctuant des débits en fonction de la pluviométrie).
A la date d’observation, nous sommes en période de ressuyage des sols de Champagne berrichonne après les épisodes pluvieux de la semaine précédente, l’eau de l’affluent de la Ringoire en amont du déversement est parfaitement limpide à la vue, comme c’est le cas en pareille situation pédologique pour tous les cours d’eau établis sur un tel support (phénomène de floculation des argiles au contact des eaux chargées en calcaire). Il est donc possible d’observer le contact et le contraste frappant entre la limpidité des eaux avant le rejet et la turbidité répugnante de celles-ci après le rejet. Les nombreux papiers wc en cours de décomposition accrochés aux divers obstacles flottent dans le courant telles d’étranges bannières, comme on peut le constater sur les photos prises à l’appui de cette description.
A l’évidence, l’apport d’eaux usées arrive en réseau «organisé» directement de la cité de Brassioux. Vraisemblablement, des branchements non autorisés d’eaux pluviales ou d’origines diverses viennent gonfler le débit de l’exutoire d’eaux usées au point de les rendre incompatibles avec la capacité d’écoulement des conduits situés en aval de la bouche d’égoût déjà mentionnée. A noter que depuis des décennies la population de Brassioux raccordée au réseau n’a cessé d’augmenter alors que les réseaux d’évacuation sont restés les mêmes dans leur capacité d’écoulement aujourd’hui insuffisante.
Selon les éléments d’information collectés par l’association des Riverains, le délestage direct des eaux usées de Brassioux dans les eaux d’écoulement de surface vers la Ringoire résulte d’un difficile exercice de régulation des débits d’eaux usées à écouler dans un réseau sous-dimensionné, afin de permettre un écoulement correct des eaux usées des habitations du quartier de la route de Villers à Déols. On évite ainsi les refoulements nauséabonds constatés périodiquement dans ce quartier. Cette observation semble tout à fait crédible, sauf à en apporter la contradiction par une contre-argumentation.
A la suite de cette visite, la problématique est ainsi posée :
- Est-il acceptable de ne pas vérifier sérieusement l’état et la nature des raccordements sur la cité de Brassioux afin de cerner véritablement l’origine des eaux diverses qui viennent gonfler le débit des eaux usées de Brassioux au point de provoquer une surcharge du réseau d’évacuation des eaux usées en direction des autres quartiers et cela depuis des années ?
- Est-il acceptable de considérer que le rejet direct, organisé, voire institutionnalisé des eaux usées en milieu naturel constitue un mode de gestion ordinaire et durable des eaux usées ?
- Est-il acceptable de considérer que le fait de «réguler» avec une vanne les différents apports géographiques d’eaux usées constitue un mode de gestion des eaux usées pour les habitations de la route de Villers ?
- Est-il acceptable qu’aucune démarche administrative susceptible d’une réelle efficacité et débouchant sur un programme budgetisé de travaux urgents et prioritaires ne soit inscrite au budget de la C.A.C. ?
- Est-il acceptable de percevoir sur les abonnés locaux du service des eaux, une taxe d’assainissement alors qu’en la matière le-dit service n’est pas rendu ?
- Enfin, on peut s’interroger sur la pertinence du choix de la station unique de traitement des eaux usées sur l’agglomération de Châteauroux-Déols alors qu’à l’évidence se posent des problèmes de gabarit des réseaux ce qui rend illusoire l’efficacité de cette concentration. Dans cette situation, une diversification géographique des unités de traitement des eaux usées ne serait-elle pas plus appropriée pour résoudre les problèmes des quartiers?
Jean-Michel Flabeau Représentant d’Indre Nature au Conseil départemental d’Hygiène.
Lors de l’assemblée générale du 9 mars 2003 d’Indre Nature, un prix Chiendent a été attribué à la commune de Déols, à la Communauté d’Agglomération Castelroussine et au syndicat des eaux pour les faits relatés. Affaire à suivre...
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