Dossier O.G.M. - Communication au Comité départemental d'hygiène du 10/07/00 :

Pour la première fois, la possibilité que des OGM échappent à tout contrôle est apparue nettement et politiquement avec le colza pollué semé sur 600 hectares dans les Ardennes. Leur destruction en a justement été décidée le 25 mai 2000 par le gouvernement.

Quels sont les dangers des OGM pour l'environnement ?

1 - La manipulation génétique consiste à insérer de force un gêne étranger dans une plante - ou un animal - et à franchir de la sorte la barrière des espèces. On peut ainsi créer des "plantes folles" qui n'ont pas leur place naturelle dans l'écosystème d'accueil et peuvent supplanter des espèces autochtones. Conséquence première : la réduction de la biodiversité locale.

2 - Les gênes des OGM peuvent se disséminer entre mêmes espèces. C'est le cas au Canada où des colzas non transgéniques sont infestés par leurs voisins OGM. Une étude publiée en novembre 1999 a montré que chez les poissons, un transgêne introduit dans quelques individus peut conduire à l'éradication de toute la population non transgénique.

3 - Les OGM peuvent aussi polliniser des espèces apparentées. Ainsi le croisement du colza vers la ravenelle et la moutarde peut permettre la diffusion de gênes de résistance aux pesticides vers ces plantes considérées comme de mauvaises herbes.

4 - Les OGM constitués pour résister aux insectes et aux virus peuvent entraîner l'apparition de "super insectes" impossibles à maîtriser et de nouveau virus n'existant pas actuellement dans la nature.

5 - Les abeilles ouvrières qui butinent le colza transgénique voient leur vie raccourcie de 2 semaines, soit environ la moitié de leur existence qui se situe entre 4 et 5 semaines.

6 - Une équipe allemande vient de confirmer le transfert des gênes des OGM - dont celui de l'antibio-résistance - aux bactéries qui peuvent constituer une menace d'autant plus grande pour l'homme et l'animal qu'elles sont justement devenues résistantes aux antibiotiques.

7 - Le développement des OGM menace directement la biodiversité et en particulier les exploitations biologiques contaminées par pollinisation.

Conclusions :

1 - Le rapport officiel "Agriculture, monde rural et environnement" de fin juin 1998 résume bien les risques des OGM : page 54 "Les bilans présentés nous paraissent insuffisants au regard des risques non élucidés". Et page 497 "Les débats sur les OGM ont révélé l'insuffisance des connaissances sur les mécanismes biologiques en particulier pour offrir aux pouvoirs publics un cadre solide pour légiférer ou pour établir des systèmes de bio-vigilance."

2 - Le ministre de l'agriculture Jean Glavany écrivait dans "Le Monde" des 3 et 4 octobre 1999 : "La transparence est nécessaire - C'est elle qui doit présider face au développement des organismes génétiquement modifiés". Or on a appris fin juin 2000 que, dans le sud ouest de la France, 4800 hectares avaient été pollués par du maïs contaminé aux OGM et que l'état le savait depuis fin février !

3 - Cette transparence officielle est en réalité une opacité réelle, car l'administration préfectorale refuse de révéler les noms des communes où sont cultivées des OGM. Elle se contente de répondre qu'il existe dans chacune d'entre elles une "fiche d'information publique" qui peut-être consultée. Mais on ne peut pas faire le tour des 247 communes de l'Indre pour savoir celles qui sont concernées.

4 - Le public, et surtout les agriculteurs, ont le droit à l'information, surtout sur un sujet environnemental aussi important. le président de la Chambre d'agriculture n'a pas manqué d'exprimer sa préoccupation et son exigence de clarté. Il est évident que ce que l'on veut délibérément cacher suscite légitimement les pires inquiétudes.

5 - En conséquence, je désire que soit soumis au vote du Conseil départemental d'hygiène réuni le 10 juillet 2000 la motion suivante "Le Comité départemental d'hygiène demande que lui soit communiquée la liste des communes où sont - ou ont été - cultivés des OGM en 2000, sans la mention des parcelles qui restent confidentielles".

Christian Germinet - le 4 juillet 2000