Eau : les nitrates toujours d’actualité
Mosaïque 29
- Automne 2001

Les dernières élections municipales à Châteauroux ont relancé les questions sur cette pollution.

En effet, la nouvelle équipe en place prône la construction d’une usine de dénitrification pour permettre la distribution d’une eau aux normes de potabilité.

Depuis 3 ans dans l’Indre, le nombre de personnes touchées par une eau au robinet à plus de 50 mg de NO3/l est passé de 20000 à 150000.

On est loin du frémissement à la baisse entrevue par l’ancien DDA, Monsieur LEVEQUE, lors de la présentation de la directive Nitrate en 1996.

En fait, c’est un véritable raz de marée de nitrate qui perdure sur la Champagne berrichonne.

Plus inquiétant, les taux sont en augmentation aussi bien au niveau des eaux de surface qu’en nappe profonde (DOGGER). Cela prouve l’augmentation des apports fertilisants.

Nous déplorons le manque d’efforts et de motivation de l’agriculture industrielle responsable de ces dérapages.

Nous déplorons également l’apathie et la démission des pouvoirs publics et du monde politique.

Les réponses actuelles sont les créations de forage en profondeur (ex : BRION) ou les usines de dénitrification (ex : ISSOUDUN et bientôt CHATEAUROUX ?). Ces investissements coûteux sont toujours à la charge du contribuable. Ceci revient à une nouvelle subvention déguisée à un modèle agricole ultra-productiviste.

Cette semaine le Conseil Départemental d’Hygiène de l’Indre étudiera le deuxième volet de la procédure nitrate pour le département.

Le premier volet voté il y a 5 ans a une large majorité (seul Indre Nature avait voté contre et dénoncé un texte inutile qui n’avait pour intérêt que de faire gagner du temps aux exploitants agricoles) n’a eu comme prévu aucun effet sur cette pollution.

Le CDH sera-t-il capable d’insuffler un élan pour régler cette pollution ?

Une proposition forte serait la conversion des 26 exploitants de la zone MONTET-CHAMBON des captages de CHATEUROUX à l’agriculture biologique dans le cadre de CTE.

Aurons-nous le soutien des administratifs et politiques largement majoritaires au CDH ?

Nous vous informerons dans le prochain Mosaïque de l’évolution de ces données.

Christian Toussaint