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Agriculture : concilier agriculture et biodiversité. Viande Nature : le projet
Depuis que j’habite en Brenne, j’ai peu à peu pris conscience qu’il y existait une vraie chance et un vrai défi à chercher un modèle agricole rentable et à double objectif :
Marier ces deux objectifs n’est pas une chose facile techniquement car cela demande la maîtrise de deux métiers différents : l’élevage bovin et la gestion de la nature.
![]() C’est ainsi que depuis six ans, je me suis lancé dans mon projet Viande-Nature. Ma femme et moi avons créé la fondation Stichting La Carrière, personne morale indépendante de toute structure existante. Son but, la protection et la gestion de la nature, est non lucratif. Il y a pourtant l’exigence de rentabilité, minimale pour assurer un revenu normal pour une famille. Récemment, nous avons pu créer un emploi à plein temps. Les revenus de l’exploitation viennent de la viande en vente directe, des subventions liées à l’élevage et, de façon encore marginale, de tourisme et d’animations. Le projet a démarré sur une propriété très délabrée de centre Brenne de 30 hectares, considérée comme perdue pour l’agriculture, avec un petit troupeau de neuf génisses et un taureau Salers, race rustique du Massif Central, bien adaptée aux conditions agronomiques pauvres de la Brenne. Le cheptel compte désormais 50 têtes. La fondation gère ses propres terrains, ainsi que des terrains de tiers qui lui ont été confiés, selon un cahier des charges agro-environnemental très strict. L’élevage, l’abattage et la découpe répondent aux normes sanitaires officielles. Le chargement des terrains est faible, avec 0,6 unités grand bétail par hectare seulement, ce qui permet de développer une flore et une faune très riches tout en empêchant le développement de la friche. Par exemple, sur les 30 ha d’origine, on compte maintenant presque 500 espèces végétales supérieures, parmi lesquelles des dizaines d’espèces protégées ou patrimoniales et 12 espèces d’orchidées. 46 espèces de papillons diurnes recensées témoignent de la richesse faunistique. La clef de ces richesses naturelles est le pâturage extensif, avec un minimum d’intrants agricoles, dans l’environnement non-pollué du centre Brenne. Je suis convaincu que ces conditions déterminent la préservation sur le long terme d’une grande partie de la flore et de la faune dans l’espace agricole en Brenne. Je suis également convaincu qu’en dépend l’avenir de l’agriculture sur les sols les plus pauvres de la Brenne.
Camille Van Beusekom
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