Fil d'Ariane
- Accueil
- Je m'informe
- Nos actualités
- La gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP), une solution d’avenir pour nos communes
La gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP), une solution d’avenir pour nos communes
Avec le changement climatique, les périodes de sécheresse se traduisent par un assèchement des sols et un très faible débit des cours d’eau. Ces épisodes de sécheresse durent plus longtemps, surtout en été, et les nappes souterraines qui sont durement sollicitées connaissent des problèmes de recharge récurrents. Désormais, certaines communes disposent de réserves locales insuffisantes pour alimenter leur réseau d’eau potable.
Selon Météo-France, le phénomène d’évapotranspiration va continuer d’augmenter de telle sorte que les prévisions à l’horizon de 2100 estiment la perte de l’équivalent de un à deux mois de pluie sur nos territoires. L’eau devient rare et cette ressource indispensable doit faire l’objet d’une attention particulière : la recharge des nappes est un objectif prioritaire qui nous concerne tous et que nous devons intégrer pour sécuriser une ressource qui s’amenuise.
Si l’économie d’eau est évidemment un levier d’action, la mise en œuvre d’aménagements facilitant l’infiltration des eaux issues des précipitations est une mesure qui participe efficacement à la recharge des nappes et garantit la continuité d’accès à l’eau potable pour tous. Les enjeux sont colossaux, d’ordre social, environnemental, économique et sanitaire. Chacun, élu, particulier, chef d’entreprise, peut agir à son niveau et mettre en œuvre une gestion intégrée des eaux pluviales en ayant en tête trois objectifs :
- Ralentir la vitesse d’écoulement de l’eau pour lui permettre de s’infiltrer
- Stocker l’eau pour la restituer progressivement au sol ou au milieu naturel,
- Infiltrer l’eau dans le sol au plus près d’où elle tombe.
Les techniques simples et généralement peu couteuses de la GIEP ne présentent que des avantages : elles limitent l’engorgement du réseau d’eau pluviale, réduisent le risque d’inondations lorsqu’elles sont mises en œuvre sur un large bassin versant, favorisent l’épuration naturelle de l’eau de pluie, rechargent les nappes phréatiques et s’opposent au phénomène de retrait des sols argileux (qui concerne une bonne partie de notre département).
En milieu urbain ou rural, ce type d’aménagement réduit fortement les coûts d’infrastructures, permet d’économiser d’importants volumes d’eau dédiés à l’arrosage des espaces verts tout en participant à la lutte contre les ilots de chaleur. En effet, rendre la ville (ou le village, ou son terrain) plus perméable en réduisant les surfaces bétonnées ou bitumées et en utilisant des espaces verts en creux qui freinent, stockent et infiltrent l’eau constitue un choix d’avenir qui permettra de s’adapter au changement climatique et de préserver la biodiversité.
Aussi, il est bon de rappeler qu’une collectivité n’a pas d’obligation de collecte des eaux pluviales issues des propriétés privées et que son règlement d’assainissement permet de le stipuler aux usagers. Chacun peut pratiquer l’infiltration « à la parcelle » et participer ainsi à la préservation de l’eau. Cette alternative au « tout tuyau » est possible, d’autant que le 12ᵉ programme de l’Agence de l’Eau peut aider financièrement les particuliers et les communes jusqu’à 50%, sous certaines conditions.
Au travers d’actions financées par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne et la Région Centre Val de Loire, Indre Nature promeut la GIEP auprès des élus et des particuliers en espérant faire changer les habitudes en matière d’aménagement.
Gilles Dézécot